LA SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE DE MONTRÉAL FÊTE LES 35 ANS DE SA REFONDATION

La nouvelle Société Philharmonique de Montréal, celle réhabilitée par Miklós Takács en 1982, fête ses 35 ans en cette année 2017. Les afficionados du traditionnel concert du Vendredi saint, devenu une marque de la vie musicale montréalaise, connaissent bien l’histoire de cette société de concert, fondée par Arthur Perkins en 1875, reprise en main par Guillaume Couture, mise en hibernation en 1899, puis ramenée, 83 ans plus tard, à une nouvelle vie et à sa mission première par le chef d’origine hongroise. Personnalité charismatique, inspirée et inspirante, Miklós Takács a su, à son tour, transmettre à de jeunes musiciens son engouement pour le concert spirituel, spectacle sacré à grand déploiement de solistes, de chœurs et d’orchestre destiné à représenter la Passion du Christ et d’autres pages épiques de la Bible. Tant de chefs-d’œuvre du grand répertoire appartiennent à ce genre dont les sources relèvent de l’inspiration biblique : les Passions de Bach, récits dramatiques et musicaux de l’arrestation, de l’agonie et de la mort du Christ, les oratorios de Haydn, sa Création et ses Saisons, allégorie des âges de la vie, Paulus et Elias de Mendelssohn, Samson et Dalila de Saint-Saëns, et combien d’autres, redevables à l’Ancien Testament. À ces modèles, instaurés par l’église réformée, se rattache un autre genre plus propre à la tradition romaine, le Requiem, dans lequel Mozart, Verdi, Cherubini et Berlioz ont donné d’impressionnantes fresques sonores. On peut y ajouter aussi les messes de concert, celles de Mozart, de Schubert et de Beethoven, les Te Deum, ceux de Kodály, de Dvorak, de Berlioz et, pour fêter les 35 ans de la nouvelle Société, celui d’Éric Champagne. En prolongement de ces genres musicaux directement rattachés au religieux, une spiritualité musicale plus large, de nature humaniste et philosophique s’est développée à l’orée du Romantisme dont L’Ode à la Joie de Beethoven, sur un poème de Schiller, cristallise l’idée la plus pure. Tel est le répertoire dans lequel s’est spécialisé la Société Philharmonique de Montréal de sa fondation, en 1875, à sa refondation, en 1982. Tel est le flambeau repris à Guillaume Couture par Miklós Takács et transmis à son successeur, le jeune chef Pascal Côté.
(Texte de Claude Dauphin, musicologue, UQAM et président de la Société Philharmonique de Montréal)

Société Philharmonique de Montréal
Président : Claude Dauphin
Directeur général et artistique : Miklós Takács
Vice-président et directeur artistique : Pascal Côté
Directrice de production : Vo Ho-Thuy
Site Web : Bruno Ricca
† Regretté : Miklós Takács